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Oxfam-CERGIED : dîner de plaidoyer en faveur de la protection sociale.

Oxfam-CERGIED : dîner de plaidoyer en faveur de la protection sociale.

23 déc. 2023 432 vues

Refermant ses activités d’échanges avec les acteurs de finances publiques et des représentants de communes du Tchad, le Centre d’Etudes et de Recherches sur la Gouvernance, les Industries Extractives et le Développement (CERGIED) en collaboration avec son partenaire Oxfam Tchad, ont organisé, un dîner de plaidoyer et de lobby à l’intention des autorités sur la Stratégie Nationale de Protection Sociale (SNPS) dans un hôtel à N’Djamena.

Oxfam-CERGIED : dîner de plaidoyer en faveur de la protection sociale.

Plusieurs autorités notamment des conseillers nationaux, les maires de communes, les représentants de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), les médias entre autres sont les invités présents à ce diner de plaidoyer et de lobby à l’intention des autorités sur la Stratégie Nationale de Protection Sociale (SNPS).  L’expert d’Oxfam, Mahamat Ibrahim Saleh, chargé de la bonne gouvernance et de l’influence signifie que cette soirée de plaidoyer vise un aspect essentiel et clé qui est la réduction des inégalités, notamment la protection sociale. Selon lui, leur partenaire clé le Centre d’Etudes et de Recherches sur la Gouvernance, les Industries Extractives et le Développement (CERGIED) a mené une étude sur la pertinence de la protection sociale au sein de la population tchadienne. Il affirme que ce document résume les informations stratégies clés qui renseignent sur les niveaux de mise en œuvre de différentes stratégies de protection sociale élaborées par le gouvernement tchadien. A son avis c’est un moyen qui va permettre aux convives d’apprécier la pertinence de la protection sociale.

Parlant de difficultés, l’expert d’Oxfam relevé le financement des activités relatives aux secteurs de bases comme, la santé, l’éducation etc. pour lui, des efforts ont été certes faits mais beaucoup reste à faire « Nous attendons de chacun de vous ici, en tant qu’Ambassadeur, auprès de vos institutions afin de promouvoir la protection sociale de façon sectorielle que ce soit au niveau des communes, ou ministères, un engagement plus d’actions sur la question de la protection sociale pour le bénéfice l’ensemble de la population tchadienne », plaide Mahamat Ibrahim Saleh.

Synthèse de l’analyse d’étude faite par le CERGIEDLe représentant du CERGIED, Ismaël Mbaïrassem note que la protection des couches vulnérables constitue un des axes politiques et stratégiques majeures du gouvernement du Tchad. Différents plans et stratégies ont été élaborés mais la majorité n’a pas fait l’objet d’une évaluation en tant que tel, remarque-t-il. « L’objectif de cette étude de la mise en œuvre de la stratégie nationale de la protection sociale (SNPS) de la période 2016-2020 est d’élaborer une note sur l’allocation, la mobilisation et l’exécution du budget de l’Etat dans les secteurs sociaux de base dans les cinq (5) ans écoulés de manière plus spécifique », détaille-t-il.Il précise que cette analyse sectorielle cible quatre (4) secteurs clés à savoir, la santé, l’éducation, l’eau et l’action sociale mais également, en comparaison avec le secteur de la sécurité. Selon lui, le budget de l’Etat reste le moyen le plus sûr pour le Tchad, membre de la communauté monétaire pour financer les dépenses sociales et les aspirations des citoyens.Aux termes de cette analyse d’une manière globale sur la base des observations, du budget de l’Etat de 2016-2021, les secteurs prioritaires notamment la santé, l’éducation, l’action sociale et de l’eau reçoivent de faibles allocations budgétaires comparativement au secteur de la Défense et la Sécurité qui a une grosse enveloppe, renseigne Ismaël Mbaïrassem. Une situation similaire sinon pire lorsque nous analysons l’exécution du budget, insiste-t-il.« Pendant que la sécurité exécute entièrement son budget c’est à peine que les secteurs sociaux de base exécutent les leurs. Il est bien vrai qu’on ne peut pas parler de protection sociale sans la sécurité. Cependant les écarts d’analyse à ce niveau sont importants en matière exécution du budget de l’Etat », analyse l’expert du CERGIED.

Globalement dit-il, les secteurs de bases (santé, éducation, action sociale et de l’eau), restent autour de 3% en termes d’exécution de produit intérieur brut (PIB) entre 2016-2020. Or si on prend les engagements de l’Etat, dans tous ces secteurs, les allocations budgétaires doivent dépasser les 10%. Pour les secteurs sociaux de base, les dotations budgétaires varient entre, 0,12% à 1,86% de PIB alors que celle de la sécurité reste autour de 3%, explique l’expert.Entre 2016-2021 poursuit-il, les allocations du secteur de la santé sont en baisse de 6% et reste en moyenne autour de 1,15% du PIB. En détail, il informe qu’à l’Education, les allocations sont certes en augmentation de 12% mais restent globalement autours de 1,86% de PIB. Le budget global en secteur de l’eau est en baisse continue, de 52% entre autres reste globalement autours de 0,54% de PIB, renchérit-il.D’après Ismaël Mbaïrassem, dans le secteur de l’action sociale, le budget est en baisse de 30% durant la même période et reste globalement autours de 0,12% de PIB. « Cette période coïncide avec la crise sécuritaire autour du pays et la baisse de cours de baril. Etant donné que le budget de l’Etat dépendait à plus de 50% des recettes pétrolières, cela pourrait expliquer en partie, ces faibles allocations », prétexte-t-il. Seul le secteur de sécurité exécute le budget en moyenne de 96% peut-être certaines années au-delà de 100% et en constante augmentation, observe le représentant du CERGIED. Il y va de la volonté des autorités à disposer à tout moment des troupes prêtes à faire face à des recrudescences et des incursions rebelles et terroristes, entend-il. « Mais cette volonté ne doit pas occulter les dépenses vitales des secteurs sociaux de base, socle d’une nation forte. Et dans ces conditions ces secteurs ne peuvent pas développer des services essentiels aux populations », conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

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